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Chronique Noise Mag

COLLAPSE
In Despair
(Autoprod)
ELECTRO-TECHNO/ROCK-INDUS

A chaque nouvel album de Collapse, une évolution constante et cohérente, résultant principalement de la fusion entre machines et guitares, entendez ici entre le milieu urbain et l'homme, un dualisme cher à Amadou Sall (ex-Treponem Pal), une nouvelle fois seul aux commandes. A travers l'utilisation inédite et dominante de sonorités electro-techno et plus
particulièrement celles future pop délivrée brillamment par Covenant ou VNV Nation, influences revendiquées par Sall, In Despair semblent dessiner les contours d'un monde plus que jamais chaotique et déshumanisé. Mais ici, pas question de s'apitoyer ou de baisser les bras tant chaque titre libère une énergie considérable propre à la révolte et à l'indignation. Par le biais des sonorités citées plus haut couplées à des guitares offensives et à l'harangue du chant, la synthèse entre éléments synthétiques et organiques
devient totale aboutissant à un rock indus à la fois robotique, tendu et résolument entraînant. Le martial « Apocalypse », l'incendiaire « Coma » et le tout aussi splendide qu'oppressant « Voices » sont autant de titres imparables démontrant une maîtrise tous azimuts. Rare sont ceux qui ont réussi à ce point cet amalgame entre rock et electro-techno sans tomber dans la balourdise et la franche rigolade. Sall est de ceux-là et à l'heure où la scène rock indus en est à compter ses morts, Collapse fait figure d'authentique irréductible.

J. ANDRE 8/10

http://www.noisemag.net


Chronique Hartzine

Puisque Hartzine a pour seule ambition de faire place à ceux qui en manquent, il était temps de parler d’une scène aussi foisonnante que très souvent mise en marge de la musique alternative. Je parle bien entendu de la musique industrielle. Il était donc venu pour moi d’attraper le train en marche et de me pencher sur ce courant qui a bercé mon adolescence et révolutionné mes perceptions auditives à tout jamais, ouvrant mon intérêt à de nouvelles forme d’expérimentations sonores et décuplant mon addiction à farfouiller les bacs pour dénicher LA perle rare.
Ainsi quoi de mieux qu’aller directement à la source et de rencontrer l’une des entités françaises majeures dans sa discipline depuis maintenant plus de 15 ans : Collapse. Après une rencontre que vous pouvez retrouver en intégralité ici, votre rédacteur a reçu le privilège de chroniquer In despair, dernier opus du groupe, et attendu depuis maintenant 4 ans. Enfin, il est difficile de parler de groupe puisque Amadou Sall est seul au bord d’un navire qu’il mène d’une main de fer dans un gant de métal.
S’il est vrai que lors de l’entretien votre correspondant manqua de défaillir plus d’une fois en entendant cités des noms comme VNV Nation ou Suicide Commando de manière plus que respectable, je fus immédiatement rassuré d’entrée de jeu. Bien qu’ayant muté vers une forme plus électro, Collapse garde toute la rugosité de ses origines et l’animosité des tensions urbaines auxquelles nous nous étions habitués. D’ailleurs la parenté de titres comme Apocalypse ou One by one est plus à aller chercher du côté de Tyranny For You de Front 242 ou Millenium de Front Line Assembly que de vagues seconds couteaux de l’electro-EBM. Et ce même si Torment, implacable rouleau compresseur rageur et colérique, et pourtant ultimement dancefloor pour qui aime le pogo, penche dangereusement vers du Hocico, avant que la guitare en dénature la mélodie et transforme le morceau en tuerie hystérique.
Prey et Farewell gardent quant à eux cette saveur de l’asphalte hurlante. Amadou fait crisser les machines, brûler les cordes, mais dans une retenue emprisonnant la tension pour mieux la laisser nous saisir à la gorge. L’album se clôt sur une énigme à laquelle l’auditeur devra répondre seul. Une courte plage electro-ambient, laissant entrevoir des plaines désertiques jonchées de débris et plages marécageuses noyées sous les détritus. C’est ce que l’on appelle une aube noire, quel mystère se cache derrière ce titre intitulé Rest in Peace…

http://www.hartzine.com/chroniques/collapse-in-despair


Chronique Prémonition

Avec près de vingt ans de carrière musicale au compteur (dont deux au sein de Treponem Pal), on peut dire qu'Amadou Sall est désormais un vétéran de la scène indus-rock hexagonale ! Démarré en 1994, le parcours artistique de son projet Collapse (dont il est désormais le seul maître à bord) fait d'ailleurs aujourd'hui figure d'exemple en matière de constance dans la qualité et de capacité d'évolution. Si la plupart des artistes de sa génération (Naked Apes, Spina, Sin, Y Front) ont disparu corps et bien, Collapse poursuit sa route avec opiniâtreté, tout en témoignant d'une inspiration toujours renouvelée. Après un "Embryo" qui le voyait embrasser des sonorités ouvertement cold-wave (et pâtissait quand même, sur la longueur, d'une certaine uniformité), Amadou revient à un style plus percutant, à base de guitares mordantes et d'un chant plus révolté que jamais. Mais la vraie surprise se situe du côté des rythmes, plus dancefloor que jamais, et surtout des sonorités ouvertement électro/techno (on dira aussi "future pop"), dignes de Covenant ou VNV Nation ! Hormis le Joy Divisionesque Farewell et l'ambient Rest in Peace, l'essentiel de "In Despair" vise une efficacité électro-indus-metal immédiate, et atteint plutôt bien son but. Le style lourd et vibrant du "groupe" est en même temps parfaitement préservé, et les 11 chansons ici présentes prouvent que les albums de Collapse se suivent sans pour autant se ressembler. Et même si sa production n'a évidemment pas l'ampleur ou la sophistication d'un Ministry ou d'un Apoptygma Berzerk, ce cinquième opus pourrait bien être le meilleur de son auteur ! C'est en tout cas son plus accrocheur...
Christophe Lorentz

http://www.premonition.fr/chro/chro_new.php3?cid=286007&ta=8&ad=&vr=74&gu=&cidx=#286007