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Personnage clef de la scène industrielle française, Amadou Sall est à la fois ingénieur du son, producteur et musicien. De 1991 à 1993, ce grand fan de Joy Division, Nine Inch Nails, Sepultura et Einstürzende Neubauten est bassiste de Treponem Pal, groupe pionnier dans le domaine de la fusion entre machines et guitares.

Après l’enregistrement d’Excess And Overdrive, Amadou quitte la formation parisienne et retrouve Pierre Gutleben le cofondateur du groupe Collapse crée en 1994.
Un premier CD de six titres sort en mai 1997.

One Back And No Return, pose les bases du style exploré par le duo : guitares saturées, percussions tribales, sonorités ethniques, rythmiques électro et chant hanté. Produit par la propre structure de Collapse, Low Light, ce mini-album hypnotique et percutant permet au groupe de donner quelques concerts démontrant sa grande maîtrise du son et de la scène.

Amadou se consacrant à ses activités d’ingénieur du son et de producteur (pour Treponem Pal, Les Tétines Noires ou Nox) et Pierre étant basé à Toulouse, Collapse prend son temps avant de sortir leur premier véritable album.

Entre-temps, Amadou crée également Primitive, projet de dub industriel où il collabore avec Marco Neves de Treponem Pal. Cette éphémère association ne donnera naissance qu’à un maxi vinyle éponyme de quatre titres, sorti en 1997 sur le label Hammerbass.

C’est finalement en 1999 que Collapse sort Inbreeding, CD de dix titres qui durcit nettement le ton. Accentuant les divers aspects de sa personnalité (électro, ethno, indus, métal), le duo y développe un style très personnel, entre transe tribale et dérives urbaines, sur des textes, inspirés, par le cinéma de science-fiction post apoclyptique. (La planète des singes, L’Age de Crystal, Soleil vert)

Devenu un acteur incontournable de la scène indus-rock hexagonale, Collapse édite ensuite Link - Inbreeding Remixes (2000), qui, comme son nom l’indique, réunit des relectures de morceaux de son précédent album par Mlada Fronta, Sin, Punish Yourself ou des membres de Naked Apes et Treponem Pal.

En 2002, Amadou et Pierre se plongent dans la création d’un nouvel album titré Humans.

Sur le point de trouver un contrat avec un label, le duo termine le disque et en démarre aussitôt la promotion à travers interviews et concerts. Mais Amadou n’est finalement pas satisfait du résultat, et stoppe ses efforts pour sortir Humans. Il choisit alors de réenregistrer totalement l’album, qui sort finalement dans sa nouvelle version début 2004. S’ouvrant par l’impressionnant tube « Tidal Wave », Humans tourne le dos aux influences ethniques et ambient des débuts, allant plus loin dans la fusion entre guitares chargées et électronique tranchante. Des mélodies plus immédiates et des rythmes redoutablement efficaces font de ce deuxième album le plus abouti de Collapse, d’autant que l’engagement d’Amadou est ici plus marqué, les textes dévoilant une idéologie forte basée sur la défense de l’environnement et la critique des politiques impérialistes.

Mais la mutation du projet est loin d’être terminée…

Désormais seul aux commandes, Amadou Sall se lance, dès 2005, dans la réalisation d’Embryo, un nouvel opus qui dévoile aujourd’hui une facette encore différente de Collapse. Dialoguant désormais sur un pied d’égalité avec les machines, les guitares se font moins agressives, le chant est plus mélodieux et la tonalité générale se rapproche d’une forme de cold-wave électronique dopée au rock industriel. Quant aux textes, ils sont tous profondément écologiques et humanistes.

En constante évolution, Collapse tend donc aujourd’hui vers des émotions plus nuancées, sans avoir rien perdu de son énergie et de son engagement.

Et qui sait ce que nous réserve Amadou à l’avenir… ?

Christophe Lorentz